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Lettre Hebdo du 5 avril 2020

Chers amis,

Il y a deux ou trois soirs, vers 20h, ouvrant ma fenêtre, j’ai été surpris par le silence de la ville. Alors que le soleil venait à peine de disparaître derrière les bâtiments voisins, je me serais cru au cœur de la nuit avec, de temps à autre seulement, un bruit de circulation qui venait troubler le calme… Les avions en phase d’approche ne survolent plus le couvent, ils se sont tus… Enfin la sonnette d’entrée ne retentit plus que rarement…

Comme vous tous, depuis plus de deux semaines, nous obéissons aux instances qui nous dirigent, gouvernementales ou ecclésiales et notre église, privée des offices divins, demeure sombre et froide. Un frère ou l’autre passe, demeure un moment et tout au long de la journée ce sont les visites des uns et des autres, connus ou inconnus dont témoignent les bougies allumées qui tiennent la permanence de la prière.

La vie liturgique des frères s’est recentrée sur l’oratoire du premier étage et depuis ces quinze derniers jours nous tentons de répondre aux exigences d’une situation totalement nouvelle, inédite et qui nous déstabilise bien-sûr quelque peu. L’adaptation est cependant moins rude pour nous puisque nous avons de l’espace, notre convent a naturellement un petit côté « confiné » et finalement la vie régulière, à défaut d’être directement apostolique, suit son court… Mais nous pensons à vous tous qui avez dû cesser d’aller au travail, cesser vos activités bénévoles, notamment chez nous, et qui êtes obligés de vivre en famille (ou pas), dans des logements parfois bien exigus.

Parler d’obligation de vivre en famille est paradoxal. Je devrais écrire : quelle chance que de vivre en famille ! Mais nous nous comprenons… Le confinement n’est pas la norme et si c’est l’occasion pour ceux d’entre vous qui sont en famille, de passer du temps ensemble et ainsi de rattraper du temps perdu, cela peut également être l’occasion d’une épreuve. Inversement pour ceux et celles d’entre vous qui sont seuls, la situation actuelle peut engendrer de la détresse par la solitude mais également l’occasion de prendre du temps pour réfléchir, s’arrêter… Pour tous c’est l’occasion de prier plus et les intentions ne manquent pas !

Les frères sont à la fois seuls et en famille. C’est cela qui marque la particularité de la vie d’une communauté religieuse. La solitude nous attire assez naturellement.  En revanche,  la vie communautaire  peut devenir difficile si nous n’y prenons pas garde et même si nous y prenons garde ! Nous marchons tous vers le Christ mais pas toujours au même pas… En confinement pas d’échappatoire ! Cette période où nous sommes tous ensemble est donc également un défi pour nous. Notre prieur, de son côté, a la joie de pouvoir poser facilement des réunions communautaires dans notre emploi du temps puisque nous sommes tous, tous les jours et tout le temps là… De ce point de vue-là nous prenons enfin le temps et ces échanges communautaires, où tous les frères peuvent vraiment s’exprimer, par le fait même, gagnent en qualité. Nous rattrapons également notre retard !

Nous essayons également de qualifier nos moments de vie liturgique. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens techniques de transmettre en direct ou en différé nous offices mais qu’à cela ne tienne, nous y mettons notre cœur et nous préparons activement la Semaine Sainte. Quelle soit, bien que célébrée sans le peuple de Dieu, pour tout le peuple de Dieu…

Nous, sans assemblée et vous sans sacrements si ce n’est par le désir, nous restons unis par la Charité qui nous garde branchés sur le ciel, dans la communion des saints.

Bonne et joyeuse Semaine Sainte !

Fr. Syméon

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