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Vivre la semaine sainte pendant le temps du confinement

Nous sommes entrés dans la semaine sainte par la célébration des rameaux. Nous vivons ce temps dans des circonstances particulières. En raison de la crise liée au Covid-19, nous sommes confinés, et vous les fidèles, ne pouvez participer à ces belles célébrations de la semaine sainte, du Triduum pascal et du dimanche de la Résurrection.

Vous pouvez certes retrouver ces célébrations par le biais des différents moyens de communication, qu’il s’agisse de cathobel ou de KTO, en lire les textes dans les missels, et vous y associer par la prière. Mais, vous ne pourrez « faire nos Pâques » comme le disaient nos anciens, c’est-à-dire vous confesser et communier pour la fête de Pâques.

1. « Faire ses Pâques » : confession et communion eucharistique

L’Église nous indique que nous pouvons, dans ces circonstances particulières et douloureuses, vivre du sacrement de réconciliation d’une manière intentionnelle et communier spirituellement.

En effet, le sacrement de réconciliation n’est absolument requis qu’en cas de péché grave. Mais même dans ce cas, lorsqu’il y a impossibilité physique ou morale de se confesser à un prêtre, le pardon de Dieu peut être donné et reçu dans la prière personnelle. Il suffit pour cela :

  • De regretter sincèrement sa faute,

  • De s’engager, en présence de Dieu, à ne pas recommencer, et à réparer le tort éventuellement causé, dès que possible et dans toute la mesure du possible

  • De s’engager à se confesser dès que ce sera possible et avouer toutes les fautes graves pour lesquelles nous avons réellement reçu le pardon de Dieu de cette manière.

Il y a simplement dans ce cas inversion de l’ordre des actes de la pénitence :

  • De manière habituelle, on commence par avouer sa faute et on en reçoit le pardon de Dieu par le prêtre ;

  • Actuellement nous recevons le pardon directement de Dieu et nous avouerons ensuite au prêtre nos fautes graves.

La communion eucharistique est signe de la participation à la grâce de Dieu. Elle s’inscrit cependant dans une communion plus primordiale, que l’on peut qualifier de « communion spirituelle ».

C’est pourquoi, il est possible dans le cas d’une impossibilité non fautive de recevoir sacramentellement le Corps du Christ, de communier spirituellement au Corps du Seigneur Jésus, et recevoir ainsi toutes les grâces que nous recevons habituellement dans la communion eucharistique.

2. Comment vivre ce temps de confinement prolongé

  1. Prière
    Nous sommes invités à prier Dieu, comme notre Saint Père nous l’a rappelé lors du don de la grâce de l’indulgence plénière, pour qu’Il éloigne le fléau qui touche notre humanité.
    Ce faisant, nous pensons particulièrement à tous ceux qui décèdent à cause de cette épidémie, ceux qui en souffrent.
    Nous avons aussi une prière de particulière gratitude pour tous ceux qui se dévouent avec générosité et un grand dévouement à soigner leurs frères malades. Comment ne pas y voir une application du précepte de Jésus : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (saint Matthieu XXV, 40) ?

  2. Sans doute, Jésus attend-Il de nous, que nous ré-axions notre vie sur le mystère profond dont nous sommes porteur depuis qu’Il nous a sauvés dans le mystère de la Croix et de la Résurrection. Jésus nous invite à la confiance en Lui : « Jésus, j’ai confiance en toi ». Par le confinement, l’occasion nous est donnée de faire le point sur nos vies : ce qui indispensable et ce qui n’est pas essentiel. Peut-être devons-nous convenir que nous n’avons pas donné assez de place à la vie intérieure avec Dieu.
    Cette semaine sainte peut être l’occasion, pour ceux qui en ont le temps, de méditer, hors des beautés de la liturgie, sur le sens profond du don que Jésus fait de Lui-même, et sur la manière dont nous le recevons effectivement et la place réelle qu’il a dans notre vie. Sommes nous vraiment désireux de recevoir cet Amour absolu avec lequel notre Dieu nous aime, ce don d’amour et de miséricorde avec lequel Jésus se livre entre nos mains, à notre cœur ?

  3. La pandémie, dont nous souffrons, au moins par le confinement que nous subissons, nous invite à revoir la qualité des relations que nous tissons entre nous.
    Dans notre famille, le confinement est en même temps une épreuve : rester toujours avec les mêmes personnes révèlent nos défauts respectifs, exacerbent les agacements, alimentent les tensions déjà existantes. Les jours saints, où nous recevons le pardon de Dieu dans le Christ Crucifié, peuvent être l’occasion de nous renouveler dans le pardon donné à nos proches et la miséricorde pour leurs faiblesses. Ce temps familial peut être surtout l’occasion de découvrir d’une nouvelle manière la beauté, la richesse, et la force des relations qui nous unissent. Sans elles, nous serions seuls face à l’épreuve, l’inquiétude, la peur, la souffrance. Il nous appartient ainsi de les qualifier davantage. Chacun peut s’engager en apportant ses dons : jeux, films,… Ces jours peuvent devenir des jours de joie profonde et renouvelée.
    Il ne faut pas oublier ceux qui dans notre entourage vivent de la solitude et de l’isolement dans ce moment d’épreuve : un petit appel, un mot par ordinateur ou d’autres moyens technologiques peuvent être un précieux soutien.
    Pour ceux qui sont seuls, et qui souffrent de cette solitude non choisie, le confinement peut devenir un moment de particulière souffrance : il peut faire croître en nous l’amertume liée à notre solitude et nous abîmer dans la tristesse. Nous pouvons aussi user notre cœur dans l’attente d’un signe de présence ou d’amitié d’une autre personne. Dans le discours sur la montagne, Jésus nous rappelle que la Loi et les prophètes consistent à : « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Saint Matthieu VII, 12). Une autre personne seule attend peut-être aussi un signe de ma part ; en me tournant vers elle, je sors de moi-même et lui offre la joie de ce moment partagé ; moi-même, j’y découvrirais la joie et recevrais le don de Dieu.
    Par-dessus tout, et malgré les risques de contagion, notre frère doit rester un cadeau de Dieu pour nous, et pas une personne dangereuse et à éloigner de nous, parce que capable de nous communiquer le virus.

  4. S’il est important de nous tenir informé de l’évolution de la situation, nous devons être attentifs que les informations « à haute dose » peuvent mettre en nous une grande angoisse. Afin de nous protéger du mal, nous pourrions finir par vivre au ralenti. Or, Dieu veut que nous choisissions la vie, et que nous soyons pleins d’une joie et d’une paix communicatrices : c’est ainsi que notre amour sera victorieux du mal du désespoir et de la tristesse qui risque de nous envahir et nous empêcher d’être heureux. Dieu nous aime et nous fait entrer dans sa vie et la victoire de son amour : « la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisis » (St Jean I, 4-5).

Que ce temps où nous nous portons les uns les autres dans la prière, et attendons avec joie et impatience le moment de nous retrouver, parce que nous découvrons la beauté et la profondeur de nos liens, soit un véritable temps de conversion de nos vies afin qu’elles sortent grandies et embellies de cette épreuve.

Les frères de la Communauté vous portent dans leur temps de prière et attendent avec impatience la joie de nous revoir et partager ensemble de simples moments d’amitié, d’autant plus précieux qu’ils nous ont manqué et que nous en avons encore plus découvert la valeur.

Je vous porte spécialement dans la prière de chacune des messes que j’ai le bonheur de célébrer.

Frère Jean-Joseph

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One Comment

  1. Merci beaucoup pour ces informations qui nous posaient question, merci surtout pour vos prières.
    Jean-Christophe, Françoise et Xavier

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