Évangile commenté

Evangile du Mardi 12 mai 2020

Mardi de la 5e semaine du Temps Pascal
(12 mai 2020)

Lecture du jour 

Commentaire

Dans cet évangile Jésus annonce à ses disciples son départ imminent tout en sachant que cela va complètement bouleverser ses disciples. Pour qu’ils ne tombent pas dans le vide d’un trou noir par cette absence abrupte, Jésus leur donne le moyen de rester attaché à Lui d’une façon subtile et sublime et pour tout dire : d’une façon véritable et réelle. « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. » Quoi ? On serait prêt à tout entendre, mais pas cela. Se réjouir de son départ ?

Nous nous sentons très proche des sentiments de Marie-Madeleine quand après la Résurrection le Seigneur lui apparaît, alors qu’elle le cherchait avec tant d’ardeur, se contentant même de la présence du cadavre. Et alors quand elle le reconnaît ressuscité elle se précipite à ses pieds pour l’étreindre et le retenir à jamais. Et précisément à ce moment-là elle doit entendre de la part de Jésus : « Ne me touche pas ! Car je ne suis pas encore monté vers mon Père ! »

Il faudra se résoudre à s’arrêter à ces paroles, les méditer longuement pour y trouver la paix et satisfaire le Seigneur et par dessus le marché y trouver notre propre bonheur. Laisser partir Jésus pour plus grand que Lui, et surtout, pour plus grand que nous laisser partir Jésus vers le Père. Se réjouir que Jésus est pleinement heureux auprès du Père. Voilà l’amour désintéressé que Jésus veut nous apprendre.

Comprenons bien que c’est pour nous que Jésus dit cela et non pas parce qu’il en avait besoin lui-même. Le Père est toujours avec lui, aussi dans son humanité. Mais Jésus nous demande cela parce qu’il veut nous introduire dans la divinité avec lui, auprès du Père. Cela exige de nous que nous le laissons partir de nos yeux, de nos mains, pour le toucher dans l’obscurité de notre foi tel qu’il est : le Fils de Dieu auprès du Père depuis toute éternité et pour toute éternité.

Il y a vraiment un saut à faire dans la foi pour dépasser la mentalité humaine pleureuse d’un mort. Ne pas pleurer un mort nous semble à notre sensibilité humaine un manque d’amour. Et c’est bien vrai. C’est dans l’absence de l’aimé que l’amour quelquefois se ressent le plus fortement. Et alors il serait complètement déplacé à exprimer sa joie.

Là nous touchons la particularité de notre foi face à l’absence causée par la mort : Nous ne sommes pas en premier lieu confronté à une absence, mais nous somme confrontés à une nouvelle présence au-delà de nos sens, rendue possible grâce à la toute-puissance de Dieu ressuscitant les morts.

Recevons donc plein de foi ce cadeau de Jésus qui veut nous apprendre l’amour désintéressé.

Fr. Bernhard Maria

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