Évangile commenté

Evangile du Mardi 14 avril 2020 – Octave de Pâques

Mardi dans l’Octave de Pâques

Lecture pour Mardi dans l’Octave de Pâques

Commentaire:

Se trouve dans la très belle église prieurale de Souvigny en France, nécropole des princes de Bourbon, une toute petite statue de Marie Madeleine…  Elle porte une livre de parfum, elle est déhanchée.  Son fin visage aux yeux baissés manifeste la joie de celle qui a trouvé son trésor, Jésus. Mais par ce déhanchement quelque peu provocant, l’artiste a voulu manifester que si le cœur de la courtisane est converti, sa sensibilité doit encore se purifier…

Marie-Madeleine est là, elle pleure devant le tombeau vide. Dans les 18 premiers versets du chapitre 20 de l’évangile de saint Jean, le mot « tombeau » est utilisé huit fois. La vie s’arrête là, face à la sépulcrale obscurité … Marie est incapable d’aller plus avant. Elle est « fixée » désespérée, plongée dans sa tristesse. La parole des deux anges qu’elle voit dans le tombeau ni ne l’effraye, ni ne la bouge… La terre pourrait s’écrouler dans un sens ou dans l’autre, elle ne bougerait pas de sa tristesse, son seul bien, désormais… Jésus est là, Marie ne le reconnait pas. Ce n’est qu’au son de sa voix qu’elle se retourne enfin et que ses mains se portent vers lui pour le saisir, ne plus le lâcher. « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. »

« Le “bonheur” au sens strict, c’est quand l’homme, au niveau de ses facultés supérieures, trouve sa paix et sa satisfaction dans la possession d’un bien connu et aimé ».  (Exhort. Paul VI La joie chrétienne) On ne possède pas le Christ ou plus exactement, ce n’est qu’en se dépossédant de lui qu’on le possède finalement… On appelle cela un paradoxe. En étant dépossédée de sa tristesse, dépossédée du corps du Christ mort, Marie-Madeleine rencontre enfin le Christ vivant et, totalement convertie, elle retrouve joie et mobilité, elle court ! « Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles ! » (Isaïe 52) C’est ainsi que Marie-Madeleine devint l’apôtre des apôtres. Nous sommes tous appelés à cette joie missionnaire.

Fr. Syméon

À lire…

Pour vivre le dimanche sans l’Eucharistie

Contenu similaire