Évangile commenté

Evangile du Dimanche 22 mars 2020

4e Dimanche du Carême

Pour vivre le dimanche sans l’Eucharistie

Lecture du 4e Dimanche du Carême
Commentaire…

Et si nous nous mettions dans la peau de l’aveugle-né ?

Tout d’un coup quelqu’un me touche à mon point le plus faible : mes yeux aveugles. Mais qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? Je n’ai rien demandé sauf l’aumône habituel en tendant ma main. Mais qui c’est ? Mais alors il va me salir le visage. Je ne comprends plus rien. Quoi ? Qu’est-ce qu’il me dit ? J’entends une voix agréable, ferme, bienveillant, de quoi m’inspirer de la confiance : « Va te laver à la piscine de Siloé ». Sans mot dire, c’est quand même trop fort ce qui m’arrive, je prends mon baton, me lève, et j’exécute. Je n’ai rien à perdre. Je pense aux vieux récits de Naaman le lépreux qui a obéit à Élisée, malgré lui. Je connais la piscine Siloé par cœur. C’est loin, mais j’y vais. Cette voix entendue me donne la force. Cette voix résonne en moi continuellement : « Va te laver à la piscine de Siloé » Il m’ y envoie, je n’ai qu’à obéir. Et de toute façon il faut que je me lave. Il n’y a que là que je trouverai l’eau propre sans embêter personne. En chemin j’entends le rire et les moqueries des gens qui voient mon visage tout sali par la boue.
Arrivée à Siloé, où il m’a envoyé, je plonge mes mains dans l’eau pour me rincer le visage et ….je ne crois pas mes yeux …. je vois. Je peux voir. Une joie indicible, mais paisible me saisit. Je veux aller retourner, voir celui qui m’a mis de la boue sur les yeux. Sur le chemin je vois les gens dont je n’entendais que les voix auparavant. Et eux, ils me voient. Il s’étonnent, ils discutent entre eux, ils s’appellent les uns les autres, ils s’attroupent autour de moi. Parmi tout ce tumulte quelqu’un fait taire la foule, s’approche de moi pour me demander devant tous ces gens qui semblaient retenir leur souffle pour mieux m’entendre : “Dis-nous, es-tu bien celui qui se tenait là pour mendier, oui ou non !” – Spontanément je réponds : « C’est bien moi. »
Alors ils me bombardent de questions : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Je réponds : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils me disent : « Et lui, où est-il ? » Je réponds : « Je ne sais pas. » Et je leur explique que justement je le cherche pour le remercier, pour faire la fête. Je ne peux pas faire la fête sans lui, Jésus. Il faut que je le trouve. Vous voulez m’aider à le trouver ? Curieusement personne ne semble se réjouir avec moi, mais ils sont plutôt inquiets. Je ne comprends pas. Ils m’amènent, me poussent vers les grands-prêtres qui m’interrogent. Je leur explique tout simplement ce qui s’est passé, les faits, tout simplement. Alors ça discute et se dispute. Personne n’a l’idée à me féliciter à se réjouir de mon sort. Qu’est-ce qu’il ne faut pas voir. Finalement quelqu’un s’approche de moi pour me demander mon avis sur la personne qui m’a guéri : Je dis tout simplement : « C’est un prophète. » Et rebelote, ça discute de nouveau et se dispute dans tous les sens. On va même chercher mes parents pour leur demander si vraiment j’étais aveugle. Ah, non ! Ils exagèrent ! Et personne ne se réjouit avec moi, même pas mes parents, comme si c’était un crime que je vois maintenant alors que j’étais aveugle toute ma vie ! Comment se fait-il qu’ils font un problème là où de toute évidence il faut faire une fête ?
Et de nouveau on me convoque et ils me disent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Moi, je réponds : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils me disent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Je leur réponds : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Alors là ils se mettent à m’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » Et alors là, moi, qui n’ai fais aucune étude, je leur réponds : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » C’était la goutte qui faisait déborder le vase. Ils me répliquent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils m’ont jeté dehors. Ils m’ont exclu de la communauté. J’étais banni.
A bout de force après ces bras de fer incessants j’allais à mon endroit habituel pour voir si je trouvais celui qui m’avait ouvert les yeux. J’allais au Temple pour remercier Dieu, et là j’entendais derrière moi la voix de celui qui m’a dit d’aller me laver au piscine de Siloé : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Je me retourne, je vois la voix et je dis : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Et Jésus me dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Et je dis : « Je crois, Seigneur ! » Et je me prosternais devant lui.

Frère Bernhard Maria

,

Voir les commentaires des jours précédents:

Samedi, le 21 mars 2020 – fr René

Vendredi, le 20 mars 2020 – fr Syméon

Jeudi, le 19 mars 2020 (Solennité de saint Joseph) – fr Ismaël

Mercredi, le 18 mars 2020 – fr Jean-Joseph

Mardi, le 17 mars 2020 – fr Benoît-Étienne

Lundi, le 16 mars 2020 – fr Syméon

Dimanche, le 15 mars 2020 – fr René

Contenu similaire