Évangile commenté

Evangile du Mardi 28 avril 2020

Dédicace de l’église métropolitaine St Rombaut à Malines
(28 avril 2020)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 2, 13-22)

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Commentaire:

On ne peut pas servir Dieu et l’argent, dit Jésus d’une façon catégorique dans son sermon sur la montagne. C’est cette conviction intérieure qui lui fait prendre avec résolution le fouet pour chasser les vendeurs hors du Temple. Je ne pense pas que Jésus a eu besoin de frapper qui que ce soit avec le fouet pour qu’ils comprennent que c’était sérieux et qu’il valait mieux dégager. Les disciples soulignent le zèle qu’avait Jésus en faisant cela. Ses yeux ont dû parler par eux-mêmes à celui qui auraient encore eu un doute.

Il y a certains auteurs de la tradition chrétienne qui parlent d’un miracle qu’un seul homme ait pu vider le temple de ce tumulte, vacarme, bref : de ce marché trop humain, qui aux yeux de Jésus n’avait vraiment rien à faire dans ce lieu qui était consacré à son Père Céleste.

Très curieusement ce sont les chefs des prêtres et les scribes (on le sait par l’évangile selon St Matthieu) qui ont interpellé Jésus, indignés qu’ils étaient, pour savoir de quel droit il faisait cela :

« Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »

Ils étaient suffisamment religieux pour laisser la possibilité ouverte que ce soit au nom de Dieu que Jésus agissait ainsi, mais il fallait qu’il le prouve par un signe venant de Dieu.

Mais remarquons que cette attitude de réclamer un signe – que Jésus avait dédaigné à multiples reprises – montre qu’ils sont dans une attitude de commerce à l’égard de Dieu lui-même. Dieu devrait agir pour confirmer leur certitudes humaines, mais eux-mêmes, ils ont perdu ce sens profondément respectueux devant la majesté de Dieu à qui on doit une révérence comme l’avait Moïse au buisson ardent en ôtant ses sandales des pieds.

Et cependant Jésus donne un signe dans lequel ils ne peuvent pas entrer tant qu’ils n’ont pas ôté ce qui les empêche à sentir que Dieu est plus que ce qui correspond à leur catégories humaines :

« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

Jésus disait cela de son corps, mais aussi du corps de chaque être humain qui porte en lui cette dignité d’une personne humaine qui a en elle une valeur qui dépasse toute valeur économique et de rentabilité calculable financière. Puissions nous chaque fois quand nous entrons dans une église nous rendre compte qu’elle n’est qu’un image de ce que Dieu a voulu comme lieu d’habitation, par sa grâce, dans le cœur de chaque être humain. Puissions nous l’accueillir avec une foi renouvelée.

Fr. Bernhard Maria

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