Évangile commenté

Evangile du Mardi 7 avril 2020

Mardi Saint

Lecture pour le Mardi Saint
Commentaire…

Cet évangile est celui de la trahison. D’une part la relation de la trahison de Judas qui s’achève par ces trois mots lapidaires : « Il faisait nuit »… D’autre part celui de l’ annonce du reniement de Pierre qui s’achève par cette correction : « le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois ».  L’évangéliste manifeste combien son intention de trahir plonge Judas dans la nuit et combien la fragilité de Pierre révélée est  associée au chant du coq qui annonce le jour… Le premier ira se pendre et le second deviendra le chef des apôtres. Qu’est-ce qui distingue ces deux hommes faibles ? « La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, et ceux qui se rangent dans son parti en font l’expérience. Mais la vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux » (Sagesse 2). Après la bouchée donnée par Jésus à Judas, Satan entre dans ce dernier. Lorsque Pierre eut renié, le coq chanta. Il est écrit dans l’Évangile de St Luc que Jésus regarda Pierre et que ce dernier pleura amèrement. « j’ai péché en livrant le sang innocent. » Ces mots prononcés par Judas éclairent sur son regret : lorsque qu’il accepte la bouchée offerte par Jésus, son regard sur ce dernier est complètement biaisé, déformé par le murmure intérieur, ancien, solitaire, grandissant… C’est donc l’acte de charité du Christ, totalement incompris, qui pose les conditions du péché. Ce dernier accompli, Judas borné par l’horizon de son regret,  à travers l’homme qu’il a fait condamner,  quoiqu’innocent mais désormais devenu étranger, ne se regarde que lui-même…  Pierre, Le cœur ouvert sur l’horizon infini du repentir, se laisse lui regarder par Jésus, objet de son amour.
Pêcher c’est rater sa cible. S’endurcir dans le péché c’est se plonger dans le mensonge d’une trajectoire déviée qui déforme peu à peu le réel. La figure du Christ, pour Judas, n’est plus le Christ. La nuit de Judas est sans issue, celle de Pierre s’ouvre sur l’aurore. « Tu es une lampe pour mes pas, une lumière sur ma route » (ps. 118)

fr. Syméon

 

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